La découverte

 

Les recherches au Roc-aux-Sorciers débutent en 1927, date à laquelle Lucien Rousseau découvre l'occupation préhistorique qu'il identifie du Magdalénien moyen. Au cours de ses fouilles, il met au jour une dalle gravée sur laquelle Henri Breuil lira une représentation de mammouth qui est restée inédite. Lucien Rousseau publie ses travaux dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française, en 1933 (Rousseau, 1933, p.239-256). Très au fait des découvertes préhistoriques, Lucien Rousseau accueille les fouilleurs de La Marche (Lussac-les-Châteaux, Vienne), Stéphane Lwolf et Léon Péricard, et leur rend également visite.

 

Quelques années plus tard, Suzanne de Saint-Mathurin prend connaissance de cet article et se fait accompagner par des haibtants d'Angles-sur-l'Anglin sur le gisement. Elle découvre dès cette première visite dans les déblais, une dalle gravée très finement, semblable à celles de la grotte de La Marche. C'est ainsi qu'elle re-découvre le site magdalénien. Aidée de son amie Dorothy Garrod, grande archéologue et première femme à avoir une chaire d'archéologie (Cambridge), elle reprend les recherches, de manière intensive entre 1947 et 1957, puis plus sporadiquement jusqu'en 1964. Très vite, les deux femmes découvrent de nombreux blocs présentant des figurations de bisons, de chevaux, de bouquetins, de félins et le portrait d'un homme. Ces blocs sont sculptés, gravés et souvent peints. La découverte d'un bison sculpté peint et gravé encore en place au plafond de la cave Taillebourg leur confirme la provenance des fragments calcaires décorés issus des fouilles.

 

Au cours de ces premières années de fouilles, Suzanne de Saint-Mathurin repère une petite niche en bas de la falaise, plus en amont de la cave Taillebourg. Elle décide donc de dégager la paroi à cet endroit pensant mettre au jour l'entrée d'une grotte. Très vite, elle tombe sur le fond de l'abri et découvre un cheval, tête retournée, profondément sculpté, et d'une très grande finesse... C'est le début de la découverte de la frise encore in situ.

 

La frise sculptée est découverte en 1950. Sur une vingtaine de mètres, elle est composée de bisons, de chevaux, de bouquetins, de félins, de corps de femmes,  de visages humains. De nombreux anneaux taillés sur des arêtes naturelles de la paroi rythment les compositions, déklimitant ainsi des panneaux thématiques.

 

Les disparitions successives de Dorothy Garrod (1968) et de Suzanne de Saint-Mathurin (1991), ont marqué la fin des interventions sur le terrain. Une grande partie des sols reste à fouiller, et des éléments de la frise sont encore ensevelis sous les sédiments, indiquant qu'il reste encore beaucoup à découvrir...